Savoir Partir · Urgence

Appeler les secours

Le bon numéro, les bons mots, et assez tôt.

Un appel de secours utile tient en quelques informations données dans le bon ordre, et en une décision prise assez tôt. Voici ce qu'il faut savoir avant d'en avoir besoin — parce qu'on ne l'apprend pas au moment où on compose le numéro.

112

Numéro d'urgence européen, depuis n'importe quel téléphone, même sans forfait et même verrouillé.

114

Par SMS, pour les personnes sourdes ou malentendantes — et utile quand le réseau ne laisse plus passer grand-chose.

Quand appeler

Dès qu'une personne ne peut plus avancer par ses propres moyens. Dès qu'un malaise ou un choc à la tête entre en jeu. Dès que vous êtes bloqués et que la nuit ou le froid arriveront avant que la situation ne se règle d'elle-même.

En cas de doute, appelez. Le régulateur est là précisément pour évaluer avec vous, et il vaut mille fois mieux un appel qui n'aboutit à rien qu'un appel passé trois heures trop tard, quand l'hélicoptère ne peut plus voler et qu'il faut monter une caravane terrestre de nuit.

L'hésitation coûte plus cher que l'appel. Un secours déclenché tôt, en journée, par beau temps, mobilise infiniment moins de moyens qu'une recherche de nuit sous la pluie parce que quelqu'un n'a pas osé.

Un seul numéro, et il vous localise

Composez le 112, pas le numéro à dix chiffres du PGHM ou des CRS : ces lignes existent toujours, mais votre appel serait de toute façon rebasculé, et vous auriez perdu du temps. Le 112 arrive au centre de traitement de l'alerte du département, qui localise automatiquement l'appelant sans aucune manipulation de votre part.

Il fonctionne sans forfait, sur un téléphone verrouillé, et il bascule sur le réseau d'un autre opérateur si le vôtre ne passe pas — c'est pourquoi il faut essayer le 112 même quand l'écran affiche « pas de réseau ». En revanche, il ne sert qu'aux urgences : pour des renseignements sur les conditions ou l'ouverture d'un refuge, on appelle le PGHM sur sa ligne directe, jamais le 112.

Ce que vous devez dire, dans cet ordre

  • Où vous êtes. Commune, massif, nom du vallon ou du sommet, altitude, versant, et vos coordonnées si votre application les affiche. C'est l'information qui compte le plus, et celle qu'on peine à donner quand on ne s'est jamais entraîné à nommer sa position.
  • Ce qui s'est passé, et à quelle heure.
  • Combien vous êtes et dans quel état : conscient, qui répond, qui saigne, qui a froid.
  • Le temps qu'il fait sur place : visibilité, plafond, vent, pluie. C'est ce qui décide de l'engagement d'un hélicoptère, et personne d'autre que vous ne peut le dire.
  • Le terrain autour de vous : pente, forêt, câbles, dégagement possible pour un treuillage.
  • L'autonomie qu'il vous reste en batterie, et le meilleur endroit où vous êtes joignable.

Ne raccrochez jamais le premier. Après votre appel, une conversation s'organise entre le régulateur, le médecin et l'unité de secours pour dimensionner l'intervention : on vous rappellera, souvent plusieurs fois. Mettez votre téléphone en économie d'énergie, ne l'utilisez plus pour autre chose, et gardez-le au chaud contre vous.

Si le réseau ne passe pas

  • Cherchez un point haut ou dégagé, quitte à remonter : on capte mieux en hauteur qu'au fond d'un vallon.
  • Un SMS passe souvent là où un appel ne passe plus. Le 114 est fait pour ça — c'est le numéro d'urgence par SMS, prévu d'abord pour les personnes sourdes ou malentendantes, avec un délai de traitement plus long. On essaie le 112 d'abord, le 114 ensuite.
  • Les secours peuvent vous envoyer un lien de géolocalisation pour situer précisément une personne perdue ou blessée. Il suffit de l'ouvrir : gardez donc de la batterie et des données disponibles.
  • Si vous ne parvenez à joindre personne, revenez aux signaux visuels et sonores, et restez sur place si quelqu'un détient votre fiche de sortie.
Tenir jusqu'aux secours Se protéger du froid, reconnaître l'hypothermie, se signaler, accueillir un hélicoptère.

Combien ça coûte

La question freine des gens au pire moment, alors autant y répondre. Hors des domaines skiables, les secours engagés par l'État — PGHM, CRS de montagne, pompiers — reposent sur un principe de gratuité : on porte secours sans considérer la capacité de la victime à payer. La part médicale de l'intervention relève, elle, du régime habituel de l'assurance maladie et de votre mutuelle.

Sur le domaine skiable, en revanche, l'intervention est facturée et les montants sont élevés. Si vous pratiquez régulièrement, une assurance dédiée — licence fédérale ou contrat spécialisé — règle la question une fois pour toutes.

Après l'appel

Occupez-vous du blessé et de vous : isolation du sol, protection du vent, couverture, boisson si la personne est parfaitement consciente. Préparez ensuite votre visibilité — quelque chose de coloré étalé, une frontale prête pour la nuit — et rangez tout ce qui peut s'envoler à l'approche d'un hélicoptère.

Ne vous avancez jamais vers l'appareil : c'est l'équipage qui vient à vous. Et rappelez-vous le signal d'accueil — les deux bras levés en Y pour « oui, j'ai besoin d'aide », un seul bras levé pour « non, tout va bien ».

Remplir ma fiche de sortie Le meilleur appel de secours est celui que quelqu'un passe pour vous, à l'heure prévue, en sachant où vous êtes.

À lire ensuite

Un appel passé ne vous met pas encore à l'abri : il reste souvent plusieurs heures à tenir avant l'arrivée des secours.