Un appel de secours utile tient en quelques informations données dans le bon ordre, et en une décision prise assez tôt. Voici ce qu'il faut savoir avant d'en avoir besoin — parce qu'on ne l'apprend pas au moment où on compose le numéro.
Numéro d'urgence européen, depuis n'importe quel téléphone, même sans forfait et même verrouillé.
Par SMS, pour les personnes sourdes ou malentendantes — et utile quand le réseau ne laisse plus passer grand-chose.
Dès qu'une personne ne peut plus avancer par ses propres moyens. Dès qu'un malaise ou un choc à la tête entre en jeu. Dès que vous êtes bloqués et que la nuit ou le froid arriveront avant que la situation ne se règle d'elle-même.
En cas de doute, appelez. Le régulateur est là précisément pour évaluer avec vous, et il vaut mille fois mieux un appel qui n'aboutit à rien qu'un appel passé trois heures trop tard, quand l'hélicoptère ne peut plus voler et qu'il faut monter une caravane terrestre de nuit.
L'hésitation coûte plus cher que l'appel. Un secours déclenché tôt, en journée, par beau temps, mobilise infiniment moins de moyens qu'une recherche de nuit sous la pluie parce que quelqu'un n'a pas osé.
Composez le 112, pas le numéro à dix chiffres du PGHM ou des CRS : ces lignes existent toujours, mais votre appel serait de toute façon rebasculé, et vous auriez perdu du temps. Le 112 arrive au centre de traitement de l'alerte du département, qui localise automatiquement l'appelant sans aucune manipulation de votre part.
Il fonctionne sans forfait, sur un téléphone verrouillé, et il bascule sur le réseau d'un autre opérateur si le vôtre ne passe pas — c'est pourquoi il faut essayer le 112 même quand l'écran affiche « pas de réseau ». En revanche, il ne sert qu'aux urgences : pour des renseignements sur les conditions ou l'ouverture d'un refuge, on appelle le PGHM sur sa ligne directe, jamais le 112.
Ne raccrochez jamais le premier. Après votre appel, une conversation s'organise entre le régulateur, le médecin et l'unité de secours pour dimensionner l'intervention : on vous rappellera, souvent plusieurs fois. Mettez votre téléphone en économie d'énergie, ne l'utilisez plus pour autre chose, et gardez-le au chaud contre vous.
La question freine des gens au pire moment, alors autant y répondre. Hors des domaines skiables, les secours engagés par l'État — PGHM, CRS de montagne, pompiers — reposent sur un principe de gratuité : on porte secours sans considérer la capacité de la victime à payer. La part médicale de l'intervention relève, elle, du régime habituel de l'assurance maladie et de votre mutuelle.
Sur le domaine skiable, en revanche, l'intervention est facturée et les montants sont élevés. Si vous pratiquez régulièrement, une assurance dédiée — licence fédérale ou contrat spécialisé — règle la question une fois pour toutes.
Occupez-vous du blessé et de vous : isolation du sol, protection du vent, couverture, boisson si la personne est parfaitement consciente. Préparez ensuite votre visibilité — quelque chose de coloré étalé, une frontale prête pour la nuit — et rangez tout ce qui peut s'envoler à l'approche d'un hélicoptère.
Ne vous avancez jamais vers l'appareil : c'est l'équipage qui vient à vous. Et rappelez-vous le signal d'accueil — les deux bras levés en Y pour « oui, j'ai besoin d'aide », un seul bras levé pour « non, tout va bien ».
Remplir ma fiche de sortie Le meilleur appel de secours est celui que quelqu'un passe pour vous, à l'heure prévue, en sachant où vous êtes.Un appel passé ne vous met pas encore à l'abri : il reste souvent plusieurs heures à tenir avant l'arrivée des secours.